Avoir la chance de…

Je reçois présentement des tonnes de photos pour notre journal trimestriel francophone In-Utero qui sera traduit en anglais prochainement…

C’est toujours émouvant de regarder ces ventres ronds sous les regards attendris des parents, ces dyades papas-bébé, ces bébés au sein yeux dans les yeux avec leurs douces mamans… Je me sens choyée d’avoir accès a tous ces clichés intimes; avoir eu du talent en photographie, j’en aurais fait mon 2e métier!

Croquer sur le vif ces images de maternité, paternité, ce doit être des journées remplies de soleil et de bonheur!

Un peu comme faire de l’accompagnement à la naissance ou de l’éducation périnatale! Mettre ainsi un pied dans une cellule familiale en construction ou tout nouvellement éclose, c’est un cadeau du ciel à chaque fois…

Une source de bonheur infinie, une reconnexion avec la Vie et ce qui est vraiment important…

Aaaah, je suis due pour un accompagnement moi! ;O)

Théoriser ce qui est au-dessus de nous…

Je me suis levée ce matin avec le message d’une amie qui avait des questions par rapport à son avac, (à son accouchement quoi!) qui s’en vient à grands pas…

Situation somme toute assez banale, DPA dépassée de presqu’une semaine, col presque effacé complètement et qui a commencé à ouvrir, mais en «menace de césarienne»… Pourquoi me direz-vous? Simplement parce que c’est un AVAC et qu’on considère qu’il est grand temps de passer à autre chose…

Je rage un peu en mon for intérieur parce que la mère a eu une césarienne pour cause de bébé en siège il y a 20 mois, qu’elle a toutes les chances de son côté pour réussir son AVAC et que le fait qu’elle n’ait pas encore accouché est tout ce qu’il y a de plus normal; elle n’a pas vécu de travail la première fois, est donc officieusement une primipare! Et on sait tous que la très grande majorité des primis dépassent leur dates de beaucoup ;O)

Cette césarienne planifiée à 41 sem., si on pouvait au moins permettre un délai de 41 6/7 donnerait quasiment 1 semaine de plus et dans son cas, je suis convaincue que ça ferait toute la différence!

Aaaah tous ces chiffres et ces calculs et ces dates pour quelque chose qui n’en demande pas… Toute cette rationalité et ces mathématiques et cette science pour un évènement qui est au-delà de tous ça, au-delà du commun des mortels…

Je ne dis pas que cette théorisation, «scientisation» de la grossesse et de l’accouchement ne sert à rien, seulement qu’on devrait la laisser de côté une fois de temps en temps, un peu plus souvent…

Notre petite confiance en nous, aussi grande soit-elle, nos forces, notre capacité à enfanter, nos désir profonds ne sont pas imperméables à tout ce charabia qu’on croit d’un niveau supérieur, malheureusement…

Je termine mon café sur cet élan ce matin, avec une belle pensée pour «F.» qui aura son bébé dans ses bras dans quelques jours et qui trouvera comment vivre son accouchement de la manière la plus sereine qui soit ;O)

**Edit** Dernières nouvelles: «F» a donné naissance à une grosse cocotte, vaginalement à 41 1/7… Toutes nos félicitations aux heureux nouveaux parents!!!**

Les rituels de naissance

Qu’est-ce qu’un rituel de naissance? Tout d’abord il convient de spécifier qu’un rituel n’est pas nécessairement l’équivalent d’une danse chamanique avec boubou, chant tribal et sacrifice! ;O)

Un rituel, c’est d’abord et avant tout symbolique; c’est la reconnaissance d’une espace, d’un moment sacré et le désir de l’immortaliser d’une manière toute particulière… C’est une combinaison d’actions qui sont répétées dans un ordre précis, encore et encore afin de les associer quasi automatiquement à un évènement précis…

Par exemple: chanter toujours la même chanson à son petit in-utero, pour que même dès la naissance, les premières notes de la mélodie parviennent à l’apaiser et pour que dans son coeur (et le nôtre!) cela devienne indissociable de ce grand moment…

Visualiser la naissance de son enfant entourée de silence, enveloppée d’une couverture particulière, à la lumière des chandelles, pour qu’à sa naissance, recréer cette ambiance ramène automatique à un état de bien-être (bien-naître!)…

Couper le cordon ombilical en récitant une prière, religieuse ou non…

Enterrer le placenta et planter un arbre qui s’y nourrira jour après jour…

Faire jouer une chanson bien spéciale pour le moment ultime de l’accueil de son enfant, chanson qui aura été écoutée maintes et maintes fois pendant la grossesse…

Envelopper son bébé naissant du châle que l’on a porté pendant toute la grossesse, qui nous a réchauffé, réconforté et sécurisé…

Bref, les possibilités sont infinies! Ce qui est magique avec les rituels c’est qu’ils sont à la portée de tous et qu’il suffit d’y penser un tantinet pour rendre encore plus magique un moment si important! C’est donner une symbolique à un évènement trop souvent banalisé, c’est se laisser porter et s’imprégner des pratiques d’ailleurs en les adaptant à nos convictions, nos valeurs et nos modes de vie…

Vous avez dit: «Birth blessingway»?

De plus en plus populaire, totalement différente du shower traditionnel, le Birth blessingway (Célébration de maternité) est en fait un rassemblement de femmes qui souhaitent renforcer les liens les unissant à une future maman qu’elles côtoient et faciliter son passage dans la maternité, autrement que par une approche matérielle… De nombreuses activités sont prévues pour se ressourcer, garder en tête des moments magiques; toutes inspirées de symboles et de rituels reliés à la «mère-en-devenir»…

Un superbe livre sur le sujet – en anglais:

Mother rising

Le deuil de l’accouchement rêvé…

Une discussion très intéressante a été amorcée sur un forum de discussion auquel je participe et qui plus est, j’ai personnellement accompagné il y a quelques temps, une maman pour qui ce deuil est encore très difficile à faire…

Personne n’est à l’abri d’une telle situation et avoir son accouchement en travers de la gorge ne signifie pas nécessairement que le tout se soit terminé en césarienne, quelques fois une hyper-médicalisation, un non respect du plan de naissance, des parents se sentant bafoués dans leurs droits, un accouchement trop rapide ou trop long, trop intense, une séparation mère-enfant à l’accouchement, etc, peuvent avoir de lourdes conséquences émotives chez les parents, notamment chez la mère qui reste en période de grande vulnérabilité longtemps après la naissance… Et qui dit conséquences émotives, peut dire difficultés d’attachement, dépression postpartum, doutes sur ses capacités maternelles, impression de s’être fait «voler» quelque chose…

Comment s’en sortir? Après tout, «la mère et l’enfant vont bien, non?!»

Un mot clé à retenir: extériorisation…

En discuter avec son conjoint, son médecin, sa sage-femme, son accompagnante si cela s’applique, ses amies, sa famille ou encore partager notre ressenti anonymement par le biais du web… Ne pas banaliser ses émotions, mais bien les reconnaître et surtout, en reconnaître la normalité… Poser des questions, remettre en contexte, essayer de comprendre ce qui s’est passé, décortiquer les éléments, souvent cela aide à réaliser que finalement, dans la situation, on n’aurait pas pu faire grand chose de plus et dixit la culpabilisation…

Ne pas oublier qu’on était en situation de vulnérabilité, difficile d’avoir toute sa tête lorsqu’on accouche! Qu’avec les outils qu’on possédait à ce moment, l’état d’esprit dans lequel on était (le contexte), prenant en considération les éléments qu’on ne peut contrôler (décélération du coeur foetal, médecin inconnu, département bondé, etc.), on a fait ce qu’on pouvait et qu’on doit apprendre, grandir avec toutes les situations. Que les difficultés vécues nous apportent soit des outils supplémentaires pour une prochaine fois, soit permettront à quelqu’un près de nous de bénéficier de quelques conseil et suggestions!

Et par-dessus tout, laisser le temps faire son oeuvre… 9 mois pour porter la Vie, au minimum 9 mois pour revenir à un état normal physique et émotif, et ça, c’est quand tout a bien été ;O)

Farrah