Une discussion très intéressante a été amorcée sur un forum de discussion auquel je participe et qui plus est, j’ai personnellement accompagné il y a quelques temps, une maman pour qui ce deuil est encore très difficile à faire…
Personne n’est à l’abri d’une telle situation et avoir son accouchement en travers de la gorge ne signifie pas nécessairement que le tout se soit terminé en césarienne, quelques fois une hyper-médicalisation, un non respect du plan de naissance, des parents se sentant bafoués dans leurs droits, un accouchement trop rapide ou trop long, trop intense, une séparation mère-enfant à l’accouchement, etc, peuvent avoir de lourdes conséquences émotives chez les parents, notamment chez la mère qui reste en période de grande vulnérabilité longtemps après la naissance… Et qui dit conséquences émotives, peut dire difficultés d’attachement, dépression postpartum, doutes sur ses capacités maternelles, impression de s’être fait «voler» quelque chose…
Comment s’en sortir? Après tout, «la mère et l’enfant vont bien, non?!»
Un mot clé à retenir: extériorisation…
En discuter avec son conjoint, son médecin, sa sage-femme, son accompagnante si cela s’applique, ses amies, sa famille ou encore partager notre ressenti anonymement par le biais du web… Ne pas banaliser ses émotions, mais bien les reconnaître et surtout, en reconnaître la normalité… Poser des questions, remettre en contexte, essayer de comprendre ce qui s’est passé, décortiquer les éléments, souvent cela aide à réaliser que finalement, dans la situation, on n’aurait pas pu faire grand chose de plus et dixit la culpabilisation…
Ne pas oublier qu’on était en situation de vulnérabilité, difficile d’avoir toute sa tête lorsqu’on accouche! Qu’avec les outils qu’on possédait à ce moment, l’état d’esprit dans lequel on était (le contexte), prenant en considération les éléments qu’on ne peut contrôler (décélération du coeur foetal, médecin inconnu, département bondé, etc.), on a fait ce qu’on pouvait et qu’on doit apprendre, grandir avec toutes les situations. Que les difficultés vécues nous apportent soit des outils supplémentaires pour une prochaine fois, soit permettront à quelqu’un près de nous de bénéficier de quelques conseil et suggestions!
Et par-dessus tout, laisser le temps faire son oeuvre… 9 mois pour porter la Vie, au minimum 9 mois pour revenir à un état normal physique et émotif, et ça, c’est quand tout a bien été ;O)
Farrah