Une toute nouvelle section:
récits d’avac réussi; témoignages de césariennes sereines; espace pour partager ses déceptions, trouver du réconfort et faire son deuil, partager ses états d’âme, sa hâte, ses inquiétudes, ses bonheurs ou simplement pour échanger sur l’issue différente d’une grossesse en cours, avec tout ce que ça implique!


Sabrina a dit,
5 août 2009 à 17:42
Je vous laisse également le récit de mon AVAC qui a eu lieu il y a déja plus d’un an…
23 Juin 14h00: Maman va voir son docteur pour un suivi régulier. Je suis à 40 semaines exactement. On me fait un NST, pour s’assurer que tu vas bien et que ton coeur accellère lorsque tu bouges. Bref, tout va parfaitement bien. Le docteur me fait un stripping, c’est un peu douloureux. Je suis déja ouverte à 4 cm, et cela sans aucune contraction douloureuse.
17h00: Je suis chez mamie Monique, et je tousse… Ah non, j’ai encore fait pipi dans mes culottes… Je vais au toilette, et là je remarque qu’a chaque fois que je force, beaucoup de liquide sort de mon vagin Oh, est ce que je perd mes eaux? Que dois je faire? Je sais que tu n’étais pas fixer encore, tu étais flottant… Je suis inquiète pour le cordon ombilical… Je viens sur les FM’S, on me suggère d’aller faire vérifier à l’hôpital…
19h00: Bon, je décide d’aller à l’hopital, simplement pour me faire dire si bébé est fixer, et si c’est le cas, je veux retourner à la maison, pour faire le plus de travaille possible… Mais sa se passe malheureusement pas ainsi… L’infirmière me met sur le moniteur, j’ai toujours pas de contraction… Elle appelle le docteur, et on me dit qu’on m’admet… Ah non, je ne veux vraiment pas, j’essaie de leur dire que je veux retourner chez nous, je suis meme prête à signer un refus de traitement…
21h00: Je parle avec le docteur au téléphone, je lui dit que je veux m’en aller… Elle m’explique que c’est impossible puisque c’est un AVAC et il y a un protocole à suivre Si je quitte, lorsque je reviendrai, on pourrait me refuser mon AVAC… Je m’effondre, je pleure… J’avais pas vu cela ainsi, j’espérais etre a la maison le plus longtemps possible… Je reprend mes esprits, essaie de rester optimiste… Le doc me dit que si a 23h45, les contractions n’ont pas débuter, c’est le pitocin…
21h30 à 23h45: Maman fait du ballon, marche le plus possible pour essayer de faire partir les contractions… Rien fonctionne…
23h45: On débute le pitocin, je dois rester au lit jusqu’a ce qu’on trouve LA dose exact… Je suis branchée sur le monitoring en permanence… Heureusement, jai mon accompagnante avec moi, papa et mamie Monique pour m’encourager… Au début tout va bien, ca fait pas trop mal, lorsqu’on atteint LA dose, ouf, c’est douloureux, mais je me concentre, je veux mon AVAC et je veux pas de péridurale…
2h30: Le docteur vérifie, je suis toujours à 4 cm mais tu es bien fixer… On a la bonne dose de pitocin, donc on m’enleve le monitoring comme promis. Linda, mon accompagnante, me suggère de changer de position et d’aller sur la toilette un peu, ce que je fais… Je reste sur la toilette pendant 30 minutes, je prend une contraction à la fois, je respire le mieux possible et j’essaie d’être le plus détendu possible pour t’aider à te faire descendre le plus rapidement possible.
3h00: Le docteur me dit que je dois retourner au lit vérifier le coeur foetal. Je lui dis que depuis 2 contractions jai envie de pousser… Oh, elle me dit on va vérifier tu es peut etre complète… Elle fait un toucher, ouf je suis déja à 10 cm, tu es prêt à sortir Je m’installe alors pour pousser, papa est a coté de moi et l’accompagnante aussi…
3h15 Premiere poussée, on voit déja tes cheveux Je pousse comme je le peux à chaque contractions, on fait cela comme des champions… Maman est concentrée, je vais réussir mon AVAC, sa fait vraiment mal, je pousse contre la douleur, sa chauffe… On me suggère le bloc honteux, mais je refuse, tu es sur le point de sortir….
3h26: Te voilà parmis nous… Je pleure, je dis a papa: J’ai réussi, j’ai eu mon AVAC et pas de péridural! Je suis tout émue, on te dépose sur moi à peau à peau comme je le désirais… On restera ainsi très longtemps… Et la on décide de regarder si c’est un petit gars ou une petite fille… Oh une belle surprise, c’est un petit gars!!! Coraly aura un petit frère! Nous sommes très heureux!
Je te garde sur moi toute le restant de la nuit à te contempler, te regarder, te donner des bisous! Je t’aime déja tellement, tu ne peux t’imaginer. Tu as pris le sein pour la première fois comme un champion et j’espère que tu en voudras encore longtemps…
Bienvenue parmis nous mon beau Justin, nous t’aimons fort
Maman, papa et Coraly
Julie Mainella a dit,
5 août 2009 à 16:46
Noémie Drolet, née le 19 mars 2007 par AVAC
Dès que j’ai vu mon test de grossesse positif, je savais qu’il était hors de question que je repasse par la césarienne, vécue 14 mois auparavant pour ma première fille, Claudia. J’aurais aimé vivre ma césarienne sereinement, mais elle a vraiment mal tournée: j’ai dégelé durant l’opération, ce qui m’a valu une anesthésie générale, une remise sur pied plus lente, un allaitement échoué et un sentiment inégalé de honte (qui soit dit en passant, ne devrait jamais avoir lieu: on n’est pas moins mère quand on a une césarienne!)
Je me suis donc informée sur l’AVAC, j’ai déniché un médecin merveilleux à l’hôpital Pierre-Boucher de Longueuil puisqu’à Sorel, on m’imposait beaucoup trop de conditions afin de le réussir. Je me suis tenue en forme tout au long de ma grossesse. J’ai lu des livres, dont le fameux livre d’Hélène Vadeboncoeur, un incontournable. J’ai bu de la tisane de framboisier jusqu’à la veille de l’accouchement! J’ai tout misé pour réussir.
Samedi, 17 mars 2007 en soirée, j’écoute un film avec mon mari. Pour tout dire, il s’agit de Jackass. Je pleure de rire tout au long du film, ce qui m’occasionne beaucoup de contractions. Je dors mal, prends plusieurs bains durant la nuit pour m’apaiser. Les contractions diminuent et s’espacent: ce n’est pas encore le moment.
J’ai toujours des contractions le dimanche, plus ou moins régulières, mais douloureuses pour la plupart. Je continue les bains, je n’ai jamais été aussi propre de ma vie! Le lundi matin, mon mari est parti travailler mais moi, je n’en peux plus de ces contractions. J’appelle l’unité des naissances, et on me demande de me présenter pour un examen et un monitoring. Pas question de conduire seule: c’est mon frère, nouveau papa, qui vient me reconduire. Je ne l’avais jamais vu aussi stressé de sa vie hihi! Il est entré dans ma maison, le manteau à moitié enfilé, en train de manger une pomme tout en essayant de sortir ses clés de ses poches et il me lance: ca fait-tu assez mal pour que je roule vite?
A l’hôpital, on me dit que je suis dilatée a 2cm et demi. On voit sur le moniteur que j’ai de bonnes contractions, assez pour m’empêcher de parler. Vers midi, on m’annonce que j’ai dilaté d’un centimètre. On appelle mon mari, qui arrive rapidement (il est camionneur, j’ai été chanceuse qu’il ne soit pas loin!). A 2h, je suis dans une chambre de naissance. Je me berce, je fais rouler mon bassin sur un ballon… et je suce de la glace, eh oui, on m’empêche de manger. Mais je m’en fous, je ferais n’importe quoi pour réussir mon AVAC.
Je dilate doucement… Vers 6h, je suis à 6cm. On perce mes membranes. Oh, LA, ca fait MAL! Je n’avais jamais vu mon mari aussi désemparé de me voir souffrir ainsi. Il a beau tenir mes mains, éponger mon visage, cela ne suffit pas pour me soulager… Étant donné que je ne gèle pas bien, je sais que la péridurale ne donnera rien, aussi me suis-je défiée pour résister à la douleur. Je me perds dans mes pensées et ça me soulage.
Je prends un bain vers les 8h. Moi qui croyait que ça me ferait du bien… C’est affreux, mes contractions empirent, mais elles sont très efficaces puisqu’à ma sortie, je frôle le 10cm. Une petite bande de col résiste: mon infirmière la travaille durant une demi-heure et a 9h, enfin, je suis complète!
Mon médecin faisant des quarts de travail de 24h, on a dû le réveiller pour venir accueillir le bébé. J’avais si hâte de pousser que je n’ai pas attendu son arrivée. La tête de Noémie était déjà sortie. ‘Woah la petite, attends que je mette mes gants!’ qu’il me dit avec un gros sourire. 34 minutes de poussées plus tard, Noémie est sur mon ventre, poussant un grand cri, le plus beau cri qu’une maman puisse espérer. Je dormais quand Claudia a poussé ce cri. J’ai déchiré a l’interne, a peine un petit centimètre, c’est un vrai rêve. On pèse Noémie pendant qu’on me recoud. Puis on m’installe pour allaiter. Deux ans et demi plus tard, je me rappelle exactement de la chanson qui jouait durant ce moment de bonheur… Étienne d’août. Et je me sentais aussi légère que si la brise chaude d’août m’avait soulevée dans les airs.
Solène Bourque a dit,
5 août 2009 à 16:06
Voici le récit de la naissance de mon fils par césarienne planifiée…
Le soleil vient à peine de se lever. J’ai passé la dernière heure à t’écrire mon petit bonhomme, à te partager mes états d’âme sur cette grossesse qui s’achève, sur cette nouvelle vie qui commencera dans quelques heures, sur notre rencontre prévue pour ce matin. À profiter aussi de ce bedon immense dans lequel tu t’es niché il y a 9 mois et de tes mouvements que je sens en moi pour la dernière fois…
Ça me fait tout drôle de savoir que c’est aujourd’hui précisément que je te tiendrai dans mes bras. Moi, ta maman pas organisée dans son horaire, ironiquement, je sais la date de ta naissance depuis quelques semaines déjà. J’aurais souhaité que ça se passe autrement, que ça soit toi qui choisisses du moment où tu voudrais venir au monde mais faut croire que la vie, elle, en a décidé autrement. J’ai quand même des contractions irrégulières depuis quelques jours alors ta petite maison d’eau s’est quand même fait brasser suffisamment pour que tu sentes que c’est bientôt la fin de cette aventure… et le début d’une autre!
Ton papa vient de se lever à son tour. Il est tellement calme et comme toujours, il réussit à me rassurer face à mes angoisses naissantes en m’entourant de ses bras réconfortants. Ta sœur dort encore paisiblement, elle qui ne se doute pas encore à quel point sa vie sera chamboulée dans les prochaines semaines. Grand-maman sera bientôt là pour prendre la relève auprès d’elle en attendant que tu te pointes le bout du nez. Nous devons nous rendre à l’hôpital pour 8 heures et à Valérie, notre accompagnante, viendra nous rejoindre sur place.
Il est 7h45. Bon, c’est l’heure de partir! Gros bisous à Ariane et Grand-maman, les bagages dans l’auto et hop! Direction hôpital! Je dis à ton papa combien je trouve ce départ différent de celui que nous avons vécu à l’arrivée de ta sœur, ça fait vraiment spécial de savoir à l’avance comment ta naissance va se dérouler à peu de choses près. La fébrilité et l’excitation sont tout de même au rendez-vous et nous avons hâte, très hâte de te rencontrer mon petit amour!
À notre arrivée, on nous dit qu’aucune chambre n’est disponible pour le moment mais que nous en aurons une à notre retour de la salle de chirurgie après la césarienne. Je suis très déçue et l’exprime clairement à l’infirmière. Nous avions un plan de naissance qui permettait à notre accompagnante de préparer un bain Leboyer pour toi dans notre chambre pendant que nous serions au bloc et voilà que ce projet est remis en question… L’infirmière me dit qu’elle va voir ce qu’elle peut faire. Dans l’intervalle, on m’installe dans une chambre du premier contact et j’envoie papa à l’auto chercher au moins une partie des bagages. Notre accompagnante arrive pendant ce temps. Je lui explique la situation. À force d’insister on nous installe dans une chambre d’accommodation, dans laquelle nous resterons finalement durant tout notre séjour. On me demande si je préfère passer en premier ou en deuxième pour la césarienne élective. Je choisis le plus tôt possible, l’attente est déjà assez angoissante comme ça.
Pendant que ton papa et Valérie retournent à l’auto chercher le reste des bagages, la préposée arrive à ma chambre avec la civière. Avec tout ce branle-bas de combat, on n’a pas vu le temps passer. Et c’est déjà l’heure de se rendre au bloc opératoire! Je lui demande d’attendre le retour de ton papa et de Valérie.
Ton papa arrive, je m’installe sur la civière et nous nous rendons main dans la main vers le lieu et le moment de notre rencontre avec toi. Valérie restera à notre chambre pour préparer le bain afin de t’accueillir et te permettre de revivre en douceur ta venue au monde.
Après une rencontre avec l’anesthésiste, on invite ton papa à aller s’habiller pour la salle d’opération. On viendra le chercher lorsque tout sera prêt pour ta naissance. Je sens l’angoisse monter en moi, et les larmes me monter aux yeux, lorsqu’on m’éloigne de ton papa, lui qui m’a si bien accompagné pendant ces neufs derniers mois, celui qui a été mon roc et ma bouée dans les moments de détresse et d’insécurité de cette longue traversée.
Mon angoisse diminue en voyant les yeux de Johanne, ma gynécologue, celle qui a vécu aussi avec moi cette belle aventure de la maternité depuis trois ans. C’est le seul bout de son visage que je puisse reconnaître derrière son masque chirurgical impersonnel, mais son regard et sa voix rassurante apaisent mes craintes.
On me demande de m’asseoir pour me faire l’injection pour la rachidienne. Je sens l’aiguille passer entre mes vertèbres pour la deuxième fois de ma vie et ça me confirme que je n’aime pas du tout cette sensation. Je sens la nervosité qui revient…. Je concentre mes énergies sur ma respiration afin de me calmer. On me couche à nouveau et l’anesthésiste vérifie si l’injection fait son effet en touchant mes jambes et mon ventre. Je demande quand ton papa reviendra, je voudrais tellement l’avoir à mes côtés! Johanne commence l’incision sur mon ventre et on invite ton papa à venir nous rejoindre. Ça me fait du bien de sentir à nouveau sa présence à mes côtés. Il colle son visage tout près du mien et m’invite à respirer avec la technique de « ocean sound » comme nous l’avons appris dans les cours de yoga prénatal. Ça m’aide beaucoup à oublier ce qui se passe autour de moi.
Johanne nous dit que tu es placé assez haut dans mon bedon et qu’il te faudra de l’aide pour sortir de là. Une infirmière vient se placer à mes côtés et pousse pour te diriger vers le bas de mon ventre. Ça prendra plusieurs poussées pour réussir et je dois dire que c’est assez inconfortable même si ce n’est pas douloureux. Au moment où ta tête sort de mon bedon l’infirmière abaisse l’écran pour que je vois ta petite frimousse toute mauve et mouillée de ce sang qui nous a unis depuis que ton cœur bat. J’entends alors ton petit cri, celui qui me confirme que tout va bien et je lâche un soupir de soulagement. Tu es enfin là! Le 5 avril 2005, à 9h29. Johanne me dit que tu es un beau gros bébé en pleine santé. J’étire la tête pour regarder les infirmières et ton papa qui sont tous près de toi. Je te sens si loin. Je répète sans cesse que je veux te toucher, que je veux t’avoir près de moi et après de longues minutes qui me semblent une éternité, papa vient te coller tout contre mon visage et ma poitrine. Je te serre du mieux que je peux avec mon bras libre, je te donne de gros bisous. Papa et moi avons tous les deux les yeux pleins d’eau. Tu es tellement beau!
Papa quitte la salle d’opération avec toi et l’infirmière. Johanne me répète combien tu es beau. Je suis si fière! On referme mon bedon, pendant ce temps je ferme les yeux, relaxe et me centre sur cette sensation d’être maman à nouveau, sur le souvenir de ton doux visage que je n’ai vu que quelques minutes. J’ai hâte d’aller vous rejoindre papa et toi. Lorsque j’entre dans notre chambre une heure plus tard, tu es tout lové sous le chandail de ton papa. Il me raconte comment tu as repris ta petite position de fœtus en entrant dans le bain tiède que Valérie t’avait préparé et combien tu es calme depuis que tu es en peau-à-peau avec lui. On m’aide à enlever ma jaquette et papa te dépose sur ma poitrine nue. Je te laisse découvrir mon odeur, la sensation de ma peau contre la tienne pendant un long moment avant de te donner le sein pour la première fois. Nous voilà enfin ensemble, mon petit Thomas d’amour! Que je me sens comblée par la vie!
Ta maman Solène xx